top of page
Rechercher
  • Photo du rédacteur: La Caravane du Livre
    La Caravane du Livre
  • 24 juil. 2018
  • 2 min de lecture

L'un des rares auteurs somalilandais à produire en français...

Yaas Daher est un auteur somalilandais né le 18 octobre 1976 à Mogadiscio. Géomètre de formation, l’auteur de « Migrant avec sa palme d’or » fût pendant dix ans maquettiste de modèle réduit de bâtiment et travaille actuellement en tant que consultant en stratégie de développement et management transversal ainsi qu’en traduction et interprétariat. La Caravane du Livre est parti à la rencontre de cet auteur et est particulièrement honorée de vous le présenter.


Le thème de l'immigration ne cesse de nourrir l'imaginaire littéraire...

C'est avec une plume, riche et légère, et un style d’écriture fascinant que l'auteur du "Migrant avec sa palme d'or" évoque une thématique éternelle et toujours d'actualité qu'il s'efforce d'interroger avec autant de légèreté et de drame. Le roman traite de l'immigration et met en scène des personnages aussi divers dans leurs vécus que dans leur appréhension du grand voyage et qui , au final, se heurtent, un après un, au mur de cet horizon fascinant qu'est l'Europe , horizon qui leur soumet aux pires servitudes possibles. Y sont évoqués le mythe de l'Europe eldorado, la tragédie du péril, et la déchirure identitaire sur laquelle débouche l'échec de la tentative.

Le personnage principal du livre, Takar tente comme tant d’autres personnages de son âge à tenter la grande aventure de l’immigration et tombe entre les mains des nouveaux esclavagistes du monde actuel qui l’utiliseront comme une marchandise. C’est le récit d’un amour avorté entre une Europe fantasmée qui n’offre que l’ombre d’elle-même et un jeune homme qui risque sa vie pour atteindre l’autre bout de la rive. C’est tout simplement un drame conté avec autant d’intelligence et d’humanisme. Voici quelques extraits de l’ouvrage.


Extrait...

"Il décida de partir sans informer personne. Son souhait était de s’éloigner de cette vie obscure et insupportable. Direction sa terre promise : Londres, quitte à périr pour ce rêve. Il ne voulait que le minimum, vivre une vie meilleure et surtout une vie digne. Il traversa la frontière éthiopienne sans encombre, et sans difficulté majeure. Il arriva au Soudan. Takar se prépara à la vraie aventure, car ce qui précédait n’était qu’une promenade de santé."


ree



 
 
 
  • Photo du rédacteur: La Caravane du Livre
    La Caravane du Livre
  • 22 juil. 2018
  • 1 min de lecture

ree

Dans une région déchirée qui soigne encore ses blessures, Hargeisa prospère et a réussi l’exploit d’ériger un Salon international du livre : Hargeisa International Book Fair, dont la onzième édition a fait de cette ville le point de chute d’amateurs avertis de littérature. Cette année, la Foire du Livre a lieu du 21 au 26 Juillet 2018 avec pour thème «  La Sagesse ». Le Rwanda est le pays invité d’honneur.


Bâtir une conscience collective au moyen du livre

Les organisateurs veulent se servir de leur culture et de leur littérature comme véhicules de leur histoire; parler de leurs défis et créer des liens avec le monde. La présence de journalistes italiens, d’éditeurs, de poètes britanniques aux cotés des universitaires et d’écrivains de Grande-Bretagne ou des USA montre sans doute le soutien de cette volonté.


Forte présence de la Caravane du Livre

La tête d’affiche de la présence djiboutienne à la Foire était la délégation de La Caravane du Livre et de La Librairie Victor Hugo qui ont exposé plus de 600 ouvrages en Somali mais également en Français, Afar et Arabe. Le lancement de la première journée de l’HIBF a été marquée par le lancement de la première maison d’édition djiboutienne, Le Francolin Editions, créée par Mme Arafo Salah, avec deux nouvelles oeuvres : EVE CONTRE EVE (par Choukri Osman) et FOOTBRIDGE (traduction de Passerelle écrit par Hibo Moumin Assoweh, Khaled Haidar et Mohamed Abdi Farah).


 
 
 

ree

En réaction à toutes les opinions communément partagées, la lecture n’est pas une aptitude que l’on acquiert uniquement dans un contexte scolaire. La plupart des spécialistes des sciences de l’éducation confirme qu’un enfant qui a été initié très tôt à cette aptitude, développe généralement une compétence de lecture plus élevée qu’un enfant qui découvre la lecture qu’en classe de CP. Pourquoi cela ? Cette question exige que l’on exploite les différentes phases d’apprentissage de la lecture.

D’une manière générale, l’apprentissage du langage écrit passe par trois phases distinctes mais successives : la phase logographique, la phase grapho-phonologique et la phase orthographique. La première phase, dite logographique, correspond au premier contact de l’enfant à l’écrit. Dans cette phase, celui-ci ne sait pas encore lire. Il se contente, à l’aide de certains éléments externes[1], d’identifier le mot comme il reconnait une forme dessinée. En procédant ainsi, l’enfant peut confondre les mots qui présentent une analogie graphique puisqu’il se limitera aux éléments externes de ces derniers et non à leurs particularités phonologiques. C’est à la seconde phase, dite grapho-phonologique, que l’enfant commence à prendre conscience des traits phonologiques des mots qu’il côtoie et qu’il arrive à les lire en associant leurs graphèmes aux phonèmes correspondants. Cette phase lui octroie ce qu’on appelle une conscience phonologique[2]. La troisième phase, dite orthographique, correspond à la phase dans laquelle l’enfant devient apte à reconnaitre un mot comme une entité à part entière, grâce à la formation progressive de son lexique orthographique. Il ne se contente plus de sa conscience phonologique pour lire adéquatement les mots dans la mesure où celle-ci peut être trompeuse quand on lit dans une langue comme le français. Doté d’un lexique orthographique développé, l’enfant reconnait le mot grâce à sa forme orthographique et ainsi relier ladite forme à la signification linguistique correspondante. C’est pourquoi il lira le mot wagon adéquatement et non comme la correspondance entre sa graphie et sa phonie l’exige. On s’aperçoit très vite, avec des mots pareils, que cette correspondance ne va pas de soi en Français. Et l’enfant djiboutien qui découvre la lecture dans cette langue peine à lire correctement ces genres de mots. Cela s’explique par deux raisons principales. La première raison se rapporte à la distinction des spécificités linguistiques de sa première langue et de celles du français. Celui-ci, s’étant habitué (même si ce n’est qu’à l’oral) aux traits phonologique du Somali, de l’Afar ou de l’Arabe, éprouve des difficultés non négligeables à intérioriser un autre système phonologique qui serait diffèrent de celui déjà acquis. Cette difficulté intervient généralement au début de l’apprentissage de la lecture où l’enfant n’arrive pas à décoder les mots à lire. La seconde difficulté, quant à elle, renvoie à la particularité du Français qui, à la différence de la plupart des langues latines, dispose d’un système orthographique complexe. Comme nous l’avons expliqué plus haut, la correspondance de la phonie et de la graphie dans cette langue n’est pas forcement systématique. Et l’enfant djiboutien qui a déjà du mal à intérioriser les traits phonologiques du Français s’aperçoit aussi que certains mots ne se lisent pas comme ils s’écrivent. Cet enfant développe un complexe de lecture et plus grave encore un sentiment d’insécurité linguistique qui l’empêche de lire ou de parler en public. C’est pourquoi il faut préalablement réfléchir aux conditions lui permettant de dépasser ce complexe qui peut même être durable. Il existe bien des étudiants universitaires qui ont toujours du mal à lire en public. Cela n’est en aucun cas dû à un déficit de compétence de lecture mais est le résultat d’un complexe de lecture qui a perduré.


Quelles perspectives pour remédier à ces difficultés ?

Comme nous l’avons expliqué précédemment, les deux difficultés majeures des enfants djiboutiens qui apprennent à lire, constituent l’ajout tardif du système phonologique du français et la complexité orthographique que présente cette langue. La première difficulté est d’ordre naturel. Pour remédier à la dite difficulté, il faudrait inculquer précocement ce nouveau système à l’enfant en même temps qu’il acquiert le système phonologique de la langue de son entourage. Comment cela puisse se faire ? La tâche ne demande pas un effort considérable. Il suffit que les parents mettent en place à la maison une routine de lecture qui consiste à leur lire régulièrement des petites histoires en Français ou d’autres activités de lecture qui les intéressent de près. Même si qu’ils ne savent pas lire à cet âge, ils apprennent cette aptitude en écoutant lire les autres. Cette écoute prolongée leur permet de prendre conscience des traits phonologiques de cette langue.

La seconde difficulté est d’ordre pédagogique. Elle survient lorsque la transition échoue entre la phase grapho-phonologique et la phase orthographique d’apprentissage de la lecture. Jusqu’à nos jours, aucune méthode permettant cette transition n’a été mise en place. La plupart des enfants djiboutiens qui apprennent à lire se limitent à la correspondance systématique de la graphie et de la phonie des mots qu’ils côtoient. Ce qui explique leur difficulté à lire correctement les mots irréguliers. Cependant, au même titre que la difficulté phonologique évoquée précédemment, la complexité du système orthographique du français peut être dépassée. Pour se faire, il serait primordial de mettre en place, à l’école, un atelier de lecture et d’orthographe qui s’adapte non seulement au niveau des enfants lecteurs mais aussi et surtout à la complexité orthographique des mots qui y sont présentés. Un enfant qui est régulièrement confronté à décoder des mots complexes n’aura pas le gout de lire. C’est une certitude qui va de soi.


Conclusion

En guise de conclusion, il est à noter que l’acte de lire dans une seconde langue que l’on apprend implique des difficultés non négligeables. Il faudrait non seulement s’adapter à son système phonologique mais aussi et surtout à la particularité orthographique des mots qu’elle répertorie. Si l’on souhaite que cet acte soit réussi, il s’avère nécessaire que le lecteur passe par les trois phases d’apprentissage de la lecture présentées précédemment. Si l’une de ces phases est négligée, cela impacte directement sa compétence de lecture[1]. A titre d’exemple, si la phase grapho-phonologique n’est pas prise en compte, le potentiel lecteur aura des difficultés à faire la distinction entre le son [P] et le son [b]. Je ne vous apprens rien en signalant que cette confusion est récurrente chez les (apprentis) lecteurs Djiboutiens.

Il va de soi que peu importe la connaissance grapho-phonologique du lecteur, celle-ci risque d’être insuffisante pour lire dans une langue comme le Français. L’irrégularité de son système orthographique nécessite aussi une connaissance orthographique solide. C’est pourquoi, il ne faudrait en aucun cas négliger la phase orthographique de l’apprentissage de la lecture.

Ces difficultés n’ont rien d’alarmant. A la différence des difficultés pathologiques de la lecture, ces dernières sont remédiables à condition que l’on mette en place les activités nécessaires à la remédiation de chacune d’entre elles. L’initiation au système phonologique du français doit être précoce chez l’enfant djiboutien qui apprend à lire dans cette langue. Pour se faire, il est du devoir des parents de mettre en place à la maison des routines de lecture permettant à cet enfant de prendre connaissance de l’organisation des sons du Français. Pour ce qui est de la complexité de son système orthographique, la mise en place, à l’école, d’un atelier de lecture et d’écriture à long terme peut favoriser le développement d’une compétence de lecture satisfaisante chez les enfants djiboutiens et réduire leur anxiété lorsqu’ils sont amenés à lire en public.

Par Hill Ismail Aden

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

[1] Les éléments externes dont il s’agit sont la forme, les accents, et la longueur du mot en contact.

[2] La conscience phonologique est la capacité du lecteur à manipuler adéquatement les traits phonologiques de la langue dans laquelle il lit.

[3] La compétence de lecture renvoie à la capacité du lecteur à décoder adéquatement le mot à lire et accéder par la même occasion à sa signification lexicale. Quand ce même lecteur lit par exemple un texte, celle-ci renverrait à sa capacité de lire les mots du texte, à les comprendre et à comprendre notamment sa visée discursive. Ainsi définit, elle implique une compétence de production et de compréhension du langage écrit.



 
 
 

© 2023 by Feed The World. Proudly created with Wix.com

​​Tel:

+253-21-35-50-51

​Siège: 

Bibliothèque Municipal de Djibouti

bottom of page